| Résumé
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Ce mémoire explore la notion de cinéma photographié, entendue comme un régime esthétique et perceptif dans lequel la photographie continue d’habiter le cinéma. À partir d’un corpus composé de films d’Alain Resnais, Andreï Tarkovski, Wong Kar-wai, Apichatpong Weerasethakul et Wim Wenders, cette recherche interroge la manière dont la photographie agit au sein du cinéma comme une puissance de ralentissement, de mémoire et de contemplation.
L’étude analyse d’abord les différentes manifestations de la fixité (arrêt sur image, plan fixe, ralenti, surimpression, fragmentation du montage, étirement de la durée) et montre comment elles constituent des survivances de l’image photographique dans l’image en mouvement. Elle envisage ensuite la fixité comme un geste esthétique et politique de résistance à l’accélération contemporaine des images. Enfin, elle mobilise les concepts de Gilles Deleuze, notamment ceux d’image-temps, d’image-cristal et de situations optiques et sonores pures, afin de penser un cinéma où le temps devient la matière même de l’image.
Cette recherche montre que la fixité ne constitue pas une négation du cinéma mais l’une de ses puissances fondamentales. Le cinéma photographié apparaît ainsi comme une pratique filmique qui transforme l’écran en surface de mémoire et de pensée, où se cristallisent différentes temporalités et où le spectateur est invité à habiter les images plutôt qu’à simplement suivre une intrigue.
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