| Résumé
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Ce mémoire interroge la manière dont le cinéma transforme le supermarché, lieu ordinaire du quotidien, en un espace symbolique et narratif aux significations multiples. À travers un corpus varié de films, il met en évidence la puissance esthétique et sociale de ce décor en apparence banal, où la consommation prend des allures de rituel et où la circulation des corps révèle des dynamiques collectives. Le supermarché filmé oscille entre refuge et piège, anonymat et rencontre, neutralité et excès, devenant tour à tour espace sacralisé, scène comique, champ de conflits ou terrain d’errance poétique. L’analyse montre que ces représentations ne se limitent pas à reproduire un univers familier, mais en révèlent la dimension hétérotopique : un “lieu autre” où se croisent le réel et l’imaginaire, la vie et la mort, le désir et l’angoisse. De ce fait, le supermarché déborde de ses murs pour irriguer l’imaginaire cinématographique contemporain comme une véritable matrice spatiale.
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