| Résumé
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Nous souhaitons nous intéresser au statut singulier des images de caméscope (IC) dans le film Aftersun de Charlotte Wells, sorti en 2022. Dans le film, les IC engagent certains rapports avec la subjectivité du personnage principal qui s’y redécouvre, vingt ans après, et, par identification, du spectateur. Nous postulerons l’hypothèse qu’Aftersun est un film-mémoire, c’est-à-dire, un film qui ne fonctionne qu’en tant qu’il reconstitue le processus mémoriel de la protagoniste, à l’intérieur duquel les IC ont une fonction d’identification temporelle, notamment. Notre étude s’inscrit dans un ensemble de recherches des champs cinématographique et des sciences humaines autour du film Aftersun, limité quantitativement étant donné le caractère récent du film lui-même, d’une part. Elle s’inscrit dans la lignée d’une réflexion théorique plus générale sur les relations entretenues entre cinéma et mémoire, d’autre part. Le film est-il encore un film s’il n’a plus le film pour support ? Pourquoi a-t-on besoin de figer la vie quotidienne dans des IC si la mémoire du sujet assure déjà la persistance du passé ? Et son corollaire, qu’est-ce qu’une IC par rapport à l’image d’un souvenir ? Quelles relations entretiennent-elles entre elles ? Si elles ont la même fonction, ont-elles uniquement une différence de nature ? L’IC vient-elle compenser l’aspect flou d’un souvenir par la clarté de la fixation électronique ? Quel rôle jouent ces images dans le processus de la mémoire, mettent-elle en lumière certains souvenirs, en construisent-elles d’autres, oubliés, les modifient-elles ?
Dans quelle mesure les images de caméscope dans le film Aftersun de Charlotte Wells signent-elles l’actualisation du souvenir à l’intérieur d’un film-mémoire, alors-même qu’elles ne peuvent a priori ni être pensées, ni se substituer à un point de vue subjectif, ni expliquer ce qui
justifie leur visionnage dans l’histoire ultérieure de la protagoniste ?
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